"Faire se tenir main dans la main les gothiques et les fluos kids". Rien que ça. Quand on ne connait pas Justice, la lecture de leur dossier de presse les fait passer pour des petits crétins à l'égo surdimensionné. Pour tout ceux qui ont transpiré sur We Are Your Friends, ça passerait presque pour de la modestie.
Parce que Justice, c'était avant tout ça: une remis ravageur du Never Be Alone de feu Simian, sorti en 2003, qui a enflammé les dancefloors des 4 coins de la planète ces deux dernières années. Et puis, il y a eu Waters Of Nazareth. Un son assez crade pour faire saigner les tympas, mais tellement bon que tant pis pour l'hémorragie.
Pour ceux qui auraient passé ces deux dernières années dans une grotte et n'auraient pas entendu parler des deux parisiens - et, aussi étrange que cela puisse paraitre, il en reste quelques uns - Justice, c'est un duo, français, formé par Gaspard Augé et Xavier de Rosnay. Justice, c'est le duo qui colle une claque à la french touch et fait passer Daft Punk pour des has-been, en leur montrant qu'ils peuvent enlever leur casque et prendre leur retraite tranquille, la relève est assurée. Bon, le premier objectif une fois † sorti était de passer outre We Are Your Friends et d'arriver à poser une oreille objective sur ce premier album. J'avoue, à la première écoute, j'ai pas aimé D.A.N.C.E. Trop kitsch et trop léchée pour être réelle. Et puis, je l'ai réécoutée. Et là, bien obligée de danser.
Certes, la seule perspective de la sortie de cet album suffisait à coller un sourire béat à des hordes de fans en transe à cette idée. L'écoute de l'album en question ajoute un léger mouvement de tête au sourire béat.
Le duo, signé chez EdBanger - label qu'on ne présente plus - montre que surpasser Daft Punk est possible, d'autant plus que le casque leur avait fait bouillir les neurones pour la conception d'un Human After All assez décevant.
Même si beaucoup voyaient cette sortie comme un moyen de descendre en flèche les deux dj's adulés par une bonne partie de la planète, c'est raté. † c'est 48 minutes, ouvertes par la magistral Genesis qui pose les bases: on a affaire à du très lourd. Suit un bordel assez génial de disco funk à la D.A.N.C.E et de titres plus crades urgents et sombres comme Stress, qui cotoient des perles taillées pour les dancefloors (DVNO). On note l'absence de We Are Your Friends. On salue la performance. Et on essaye de faire arrêter ce mouvement de la tête qui n'a pas cessé depuis que le disque est sur la platine.
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